ACTIVITÉ CORÉE

Ciné-Club du Collectif

L’histoire du Ciné-Club débute par un heureux concours de circonstances en juillet 2020. L’opportunité d’une salle, le Book & Press de Kote situé en plein coeur d’Insadong, un écran, un projecteur et une envie de se réunir au coeur d’un été pluvieux pour regarder des films ensemble. 

L’idée de créer un véritable rendez-vous se structure sous l’impulsion d’un spectateur assidu, Pascal Belmas, qui transforme cette initiative ponctuelle en projet durable qui a vocation à rassembler cinéphiles réguliers et amateurs occasionnels pour visionner sur grand écran des pépites du 7ème art. 

Sélectionnés avec soin par notre exigent programmateur, venez découvrir ou redécouvrir des films classiques du monde entier en version originale mais bénéficiant systématiquement de sous-titres en français. 

Seul, en famille ou entourés d’amis, vous passerez assurément une agréable soirée…  

Sur notre site, vous pouvez consulter les critiques des films rédigées par Pascal ainsi que des liens vers d’autres lectures pour prolonger le plaisir!

Pour qui

Ouvert à tous

Conditions de participation

Activité gratuite

Prochain ciné club

Ciné-club du Collectif
Pascal Belmas | Ciné-club du Collectif

A propos de Pascal Belmas

À propos de, dit-on pour se présenter virtuellement sur un blog ou un site web. Oui, mais… Ce n’est pas que je me trouve d’une complexité particulière ni par fausse modestie, seulement cette façon de s’identifier en tant qu’acteur de quelque chose me semble un peu abstraite. Non, même à 52 ans je ne sais toujours pas ce que je voudrais faire quand je serais grand, et non, ce n’est pas une coquetterie. Si je me retrouvais encore aujourd’hui devant le conseiller d’orientation de mon collège à Port-Vendres, je ne saurais toujours pas quoi répondre à la question qui fait flipper tout bon élève en échec scolaire, n’osant lui dire aventurier. Après tout, j’ai encore le temps.

Bien sûr, aujourd’hui je pourrais tout aussi bien dire comme dans la chanson ; je suis un peu jardinier, je fais la cuisine… et c’est aussi une vérité, sans être la réalité, car ses métiers je les ai tous faits ainsi que bien d’autres, sans jamais les prendre suffisamment aux sérieux pour en faire carrière. Bref, je m’appelle Pascal Belmas, j’ai grandi outre-mer, je vis à Séoul depuis deux ans avec ma famille, j’ai 52 ans, je suis un peu jardinier, je fais la cuisine, je suis un peu écrivain, un peu catalan, marathonien, un peu de tout et de rien, curieusement curieux, père de deux garçons, j’aime lire et écrire, le rugby, la musique, la nature, flâner, la photo, rire, me retrouver au milieu de nulle part. Ah oui ! j’aime follement le cinéma et puis partager aussi. Le ciné-club pour moi, c’est ça, l’opportunité de partager mon désir de cinéma et d’échanger entre personnes curieuses du monde.

À l’origine des Ciné-Clubs

« Il s’agit d’un art, le septième », cette affirmation bien tranchée concernant le cinéma est de Louis Delluc (1890-1924) qui est considéré comme l’inventeur du concept du ciné-club. Cinéaste et également un des tout premiers critique et théoricien de cinéma, ses deux films les plus marquants sont ; Fièvres (1921) et La Femme de nulle part (1922).

Louis Delluc formera avec les Abel Gance, Jean Epstein, Germaine Dulac, René Clair et Marcel L’Herbier, le premier mouvement avant-gardiste du cinéma français, appelé parfois cinéma impressionnisme, essentiellement porté sur l’esthétisme. Comme beaucoup d’autres artistes et intellectuels dans l’après-guerre (la première), ils s’étaient tous tournés naturellement vers le cinéma, vieux de seulement 30 ans, parce que l’image en mouvement avait à leurs yeux un parfum de révolution en tant que moyen d’expression. D’autres artistes impliqués dans différents mouvements avant-gardistes participèrent à l’invraisemblable foisonnement créatif et expérimental de l’art cinématographique de cette époque, en parallèle avec l’avant-garde allemande, comme les dadaïstes (Duchamp, Richter, Tzara, les surréalistes (Man Ray, Dulac, Artaud et plus tard Buñuel, Dali et même Cocteau), enfin, l’avant-garde picturale (Eggeling, Duchamp, Man Ray, Richter, Léger, Kandinsky), qui n’ont fait que poursuivre avec le cinéma la recherche de nouvelles formes à laquelle ils étaient déjà dévoués, proposant une approche du cinéma en constante évolution et repoussant indéfiniment ses limites. En se lançant dans cette aventure sans assurance de réussites plutôt que de s’en tenir à du théâtre filmé, ces pionniers du cinéma expérimental firent du cinéma tout court, un langage de l’image d’une richesse inépuisable. Un cinéma en totale opposition au cinéma essentiellement de divertissement, qui était encore apparenté à un amusement lié aux cirques et aux foires. Pour certains d’entre eux, dont Louis Delluc en tête, il s’agissait de démontrer que le cinéma n’était justement pas qu’un divertissement, en attirant l’attention sur sa dimension artistique.

Premier numéro du Journal du Ciné-Club

C’est dans ce contexte que Louis Delluc, publie en tant que rédacteur en chef le premier numéro du Journal du Ciné-Club, dans lequel il insiste sur l’idée d’un cinéma en tant qu’un art à part entière, puis suit un an après la création de la revue Cinéa [1921 à 1923]. À travers son journal, Delluc travaille à la conceptualisation d’une réflexion critique du cinéma, tout en cherchant à susciter un dialogue entre les spectateurs, lecteurs, et les cinéastes. De cette dernière volonté naît naturellement le besoin de se réunir autour d’un film et d’en discuter, cinéastes, critiques et public.

C’est ainsi que le 14 novembre 1921, un groupe de spectateurs se retrouve à Paris, pour assister à la première séance de ciné-club avec la projection du Cabinet du docteur Caligari, film expressionniste allemand de Robert Wiene.

Mais si le ciné-club se revendique déjà comme une fenêtre sur différentes cultures et s’oppose à toutes censures morales et politiques, à trop vouloir faire du cinéma un « art noble » il se coupe pour un temps du public et n’évite pas de tomber dans un élitiste un poil bourgeois. Pourtant, en lien étroit avec de grands cinéastes comme, Renoir, Vigo ou Grémillon, les ciné-clubs vont continuer à évoluer dans les années 30 de manière expérimentales et subversives, entre poursuites judiciaires et interdictions policières.

La critique cinématographique a une histoire liée de près à celle des ciné-clubs. Comme Louis Delluc, Léon Moussinac critique pour L’Humanité, est lui aussi une figure importante de cette histoire. En 1930, il gagne le procès que lui intente la Société des ciné-romans à propos d’un de ses articles où il soutient le droit à émettre un commentaire libre sur un film. Nous sommes à une époque de lutte sociale importante et le combat contre la censure, auquel participent volontiers les ciné-clubs, en fait partie. Pour exemple,  Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein est présenté par Léon Moussinac, alors qu’il est interdit en France. Léon Moussinac quant à lui fonde en 1928 Les Amis de Spartacus, considéré comme le premier ciné-club réellement engagé dans la lutte sociale.

Couverture du premier numéro du Journal du Ciné-Club | Ciné-club du Collectif

Photo du premier numéro du Journal du Ciné-Club

Renaissance et déclin des ciné-clubs

Après la Seconde Guerre mondiale, le paysage culturel en France change radicalement, et voit un élan populaire d’appropriation culturel se créer, prolongeant d’une certaine manière l’esprit de la résistance. Les ciné-clubs connaîtront alors une sorte de renaissance, devenant un mouvement d’éducation populaire, ainsi qu’un front laïque opposé au pouvoir de l’argent sur la culture. Dans ces années de militantisme culturel, apparaissent également un certain nombre de revues de cinéma, parfois à l’initiative des fédérations de ciné-club, afin de prolonger les échanges autour des films.

Mais le succès des ciné-clubs, perçu comme une concurrence déloyale pour les professionnels du cinéma commercial, engendra de vives réactions et maintes poursuites judiciaires. Une nouvelle réglementation fut créée au début des années 1950 pour encadrer de façon contraignante les séances de cinéma à but non commercial.

Peu à peu, le feu sacré des 50 va s’essouffler, jusqu’à marquer un coup d’arrêt dans les années 70 avec l’arrivée de la télévision dans les foyers. Le nombre de ciné-clubs continuera de chuter dans les années 80 et les suivantes, avec l’apparition de nouveau média, VHS, DVD, etc.

Lisez les chroniques de films et autre articles sur le cinéma sur notre blog

Retrouvez aussi nos actus et autres informations pratiques sur nos réseaux sociaux.

Suivez nous également sur Facebook et Instagram.

Suggestions

N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part d’autres informations et bons plans pour enrichir le contenu de ce site au bénéfice de tous!